lundi 17 août 2015

Mozart est mort trop tard

Lors d'une discussion avec des journalistes, Glenn Gould, a regretté que Mozart soit mort trop tard, propos quelque peu provocateurs qui ne sauraient étonner de la part d'un artiste coutumier du fait. Plus tard, lors d'un entretien avec Bruno Monsaingeon et dans un document écrit (1), Glenn Gould a expliqué que ses goûts le portaient d'avantage vers la musique baroque dont il retrouvait encore quelques accents dans la musique du jeune Mozart mais plus du tout dans celle postérieure à l'installation à Vienne en 1781. A partir de cette date, selon Glen Gould, l'opéra, le drame s'emparant de la musique du salzbourgeois, auraient fait perdre à cette dernière sa fraicheur et sa spontanéité.

Photo: PBS AMERICAN MASTER http://www.ledevoir.com/culture/musique/347283/en-bref-glenn-gould-selon-francois-girard

En restant dans le domaine de l’absurde et en prenant au mot le grand pianiste, supposons que Mozart soit mort en 1780, à 24 ans, avant la première d'Idomenée à Munich et son installation à Vienne. Il aurait certes déja composé les deux tiers de son oeuvre (près de 400 numéros du catalogue de Köchel), mais aucun de ses 7 grands opéras (Idoménée, le premier d’entre-eux sera représenté au début de 1781 et la Flûte enchantée, le dernier, fin 1791), aucun des six quatuors dédiés à Haydn, composés entre 1783 et 1785 et de ses quatre superbes quintettes à deux altos, K 515 ,516, 593 et 614 composés après 1787. Il aurait écrit une quarantaine parmi les cinquante symphonies qui lui ont été attribuées mais pas les quatre dernières en ré majeur K 502 Prague, mi bémol majeur 543, sol mineur 550 et do majeur 551 Jupiter. Dix sept concertos pour piano n’auraient pas vu le jour dont le concerto en mib majeur K 449 qui inaugure une glorieuse série d'oeuvres jalonnée par le concerto en do majeur K 467, œuvre mythique ayant fourni la trame sonore d'un film célèbre ou le profond concerto en do mineur K 491. L'oeuvre concertante pour clarinette : trio K 498, quintette K 581 et concerto K 622 n'existerait pas. Enfin, la presque totalité de sa musique religieuse aurait été écrite mais pas la messe en do mineur K 427, l’ode funèbre K 477 en do mineur et la messe de Requiem en ré mineur K 626. En fait la plupart des œuvres qui font aujourd'hui de Mozart la superstar de la musique classique, n'auraient pas été écrites (2).

En somme, si Mozart était mort avant 1781, il aurait laissé une oeuvre importante au plan quantitatif mais dont on peut se demander quelle aurait été la notoriété future. Parmi la quarantaine de symphonies de jeunesse, quelques-unes seulement sont régulièrement jouées de nos jours, il en est de même pour les multiples sérénades, cassations ou divertimentos. Pour ce qui est de la musique religieuse, un nombre restreint d'oeuvres figurent régulièrement dans les programmes de concerts. Tandis que l'oeuvre postérieure à 1781 émerge facilement au dessus de celle des contemporains (Joseph Haydn excepté), l'oeuvre antérieure à 1781 a eu plus de mal à s'imposer de son vivant et de nos jours (3). Pour la production symphonique, il est notoire que dans les années 1770, le maître d'Eszterhàza était au sommet de son art avec une production d'une densité, d'une variété et d'une profondeur exceptionnelles culminant avec des œuvres aussi fortes que la symphonie n° 44 en mi mineur, Funèbre (1771) ou la symphonie n° 64 en la majeur, Tempora mutantur (1773) et qu'il laissait peu d'espace à ses contemporains, Mozart compris. Dans le domaine de la musique de chambre et tout particulièrement du quatuor à cordes, Joseph Haydn avait déjà à son actif une longue série d'oeuvres : les opus 1, 2, 9, 17, 20. Parmi ces dernières, les six quatuors de l'opus 20, HobIII.31-36 de 1772 sont incontestablement un sommet de la musique de chambre de tous les temps auquel Mozart n'avait que ses six quatuors Milanais K 155-160 de 1773 à opposer (4), œuvres remarquables à plus d'un titre mais formellement moins avancées et harmoniquement moins hardies que les quatuors contemporains de Haydn. Bien que Mozart ait été très actif dans le domaine de la musique religieuse, la production de Michel Haydn, auteur dans l'année 1771 d'une magistrale messe Pro Defunctis en do mineur MH 155 pour ne citer que son œuvre la plus connue, me paraît harmoniquement plus riche, plus monumentale et plus conforme aux convenances religieuses. Mozart se défend beaucoup mieux dans l'opera seria et on peut convenir que des œuvres comme Mitridate (1770) ou Lucio Silla (1773) font preuve d'un tempérament dramatique étonnant et peuvent affronter sans trop trembler les merveilles contemporaines que sont le Temistocle de Johann Christian Bach (1772) ou l'Antigona de Tommaso Traetta (1771).

Antigona, un opéra de Tommaso Traetta qui, à l'instar de la Tragédie Lyrique, comporte de  nombreux choeurs, des ensembles et se termine par une impressionnante chaconne. 
Si Mozart était mort en 1780, sa musique la plus significative, celle qui a fait de lui une légende, n'aurait pas été composée et sa notoriété post mortem aurait été celle d'un Hyacinthe Jadin, mort à 24 ans, ou au mieux, d’un Jean Chrétien Bach ou un Michel Haydn ce qui n’est déja pas si mal!. Ainsi la boutade de Glenn Gould met le doigt sur un point très important : l'importance capitale des dix dernières années sur la production musicale du salzbourgeois.

Cette intrusion dans un univers parallèlle où la vie du jeune Mozart aurait été fauchée à 24 ans, nous amène à d'autres considérations. Tandis que Franz Schubert est tout entier dans Marguerite au Rouet, D 118, lied d'une puissance et d'une profondeur extraordinaire, composé à l'âge de dix sept ans, je ne crois pas qu'on puisse dire la même chose pour aucune œuvre composée à cet âge par Mozart (5). En fait, ce dernier n'est pas un compositeur aussi précoce qu'on l'a dit, son évolution est lente et son pouvoir créateur s'affirme au fur et à mesure que se développent sa connaissance du métier de compositeur, son expérience artistique et humaine, et qu’il assimile des styles nouveaux (6) : révélation des quatuors opus 20 et des symphonies Sturm und Drang de Joseph Haydn ou Jean Baptiste Vanhal en 1773, voyage douloureux à Paris en 1778, découverte de Jean Sébastien Bach et des maîtres d'Allemagne du nord à partir de 1781, , rencontre avec l'univers pianistique de Muzio Clementi en 1782 (7)...etc...Dans ce contexte, l'année 1780 est une année charnière à la fin de laquelle Mozart s'attèle avec enthousiasme à la composition d'Idomenée, une œuvre qui domine de haut toute sa production antérieure et qui est son Eroica. A partir de là, le style de sa musique va changer, le nombre des thèmes va diminuer et leur élaboration croître dans sa musique instrumentale pour aboutir au monothématisme strict des œuvres ultimes (ouverture de La Flûte enchantée, mouvement final de la symphonie en mi bémol K 543), les développements naguère le plus souvent inexistants deviendront plus longs et plus complexes (mouvements extrêmes de la sonate pour piano à quatre mains en fa majeur K 497). Son écriture deviendra plus chromatique et plus hardie comme en témoignent le rondo en la mineur K 511 ou bien l'andante de la sonate en fa K 533 dans lequel Georges de Saint Foix entend Jean Sébastien Bach et Richard Wagner (8).

Cette situation n'a rien d'original, c'est le lot de la plupart des compositeurs. A trente cinq ans, âge de la mort (réelle et non révée par Glenn Gould) de Mozart, Joseph Haydn n'avait pas encore écrit sa fascinante trilogie de symphonies: 45 (Fa dièze mineur, Adieux), 46 (si majeur), 47 (sol majeur), toutes trois datant de 1772 ainsi que ses six quatuors du Soleil opus 20.


Glenn Gould n'aimait pas Mozart, pourtant il l'a souvent exécuté en concert. Il a de plus enregistré une intégrale de ses sonates pour pianoforte. Ces sonates laissent une impression curieuse. Jouées avec un minimum de legato et un maximum de notes piquées, elles s'avèrent à l'audition d'une grande clarté et toutes les notes ressortent. Cette conception convient très bien aux sonates Munichoises K 279-284 de 1774 mais pas du tout à la sonate en do mineur K 457 que le grand artiste réussit à rendre ennuyeuse, en dépit de nombreux ornements incongrus. On croirait presque que Glenn Gould veut punir Mozart de ses débordements opératiques. Son interprétation de la sonate en si bémol majeur K 333 est un bon exemple de son ressenti de la musique de Mozart : https://www.youtube.com/watch?v=tkhwK5YEksI&spfreload=10
Une partie de ce texte a été publiée dans Ron 3, le forum consacré à Mozart sous le titre Oeuvres mineures de Mozart

Références.
  1. H. C. Robbins Landon: Mozart en son âge d'or (1781-1791), Fayard, 1996. Parmi les œuvres antérieures à 1781 très populaires de nos jours, figurent la symphonie n° 25 en sol mineur K 183 (1773), le concerto pour violon en la majeur, K 219, le concerto en mi bémol n° 9 Jeunehomme K 271 (1777), la remarquable sonate en la mineur K 310 (1778) et la symphonie concertante pour violon et alto en mi bémol K 364 de 1779.
  2. La comparaison est un exercice périlleux. On ne peut comparer que ce qui est comparable, c'est-à-dire des éléments objectifs d'appréciation. D'autre part, du fait de l'évolution rapide dans le temps des styles musicaux, on ne peut comparer que des œuvres strictement contemporaines.
  3. Durant l'été 1773, Mozart, ébloui par les quatuors de Soleil de Haydn, compose une deuxième série de quatuors à cordes, les quatuors Viennois K 168-173. Je veux composer comme Haydn! Si Wolfgang avait pu s'exprimer sur les murs, il n'aurait pas écrit autre chose.
  4. Certains citent Mitridate, composé en 1770 par Wolfgang Mozart à l'âge de 14 ans. Selon Victor Hocquart (L'Avant Scène opéra, n° 54, 27-73, 1983), en dépit de nombreuses fulgurances, l'air d'Aspasia de l'acte I, Nel sen mi palpita dolente, le duetto Aspasia, Sifare, Se viver non degg'io, etc..., cet opéra s'inscrit dans la tradition de l'opéra seria Métastasien et Mozart a du se plier à une forme musicale bornée qui ne correspondait pas à son génie dramatique.
  5. Je peux écrire toutes sortes de musiques et dans tous les styles écrit fièrement Wolfgang à son père. Contrairement à Haydn qui dans sa tour d'ivoire d'Eszterhàza est contraint d'inventer sa musique, Mozart a besoin de grain à moudre.
  6. Notre perception des relations entre Mozart et Clementi est faussée par une lettre écrite par Wolfgang à son père dans laquelle il critique vertement la technique du pianiste romain, une vraie mécanique.... En fait la réalité est probablement différente. Au contact de Clementi, Mozart eut la révélation d'une écriture pianistique beaucoup plus solide et complexe qui l'influença considérablement dans ses œuvres postérieures à leur rencontre en 1782 et notamment dans la sonate pour pianoforte à quatre mains K 497.
  7. Georges de Saint Foix, Wolfgang Amadeus Mozart, L'Epanouissement, Desclée de Brouwer, 1939, pp. 312-5.

4 commentaires:

  1. Post très intéressant qui remet sur le tapis la perception de l’œuvre mozartienne…
    Si l’on ne peut qu’abonder dans votre sens (une maturation mozartienne moins rapide que la légende), il faut également moduler vos assertions.

    Certes, l’œuvre mozartienne est moins riche et moins complexe dans ses jeunes années, mais il s’agit principalement de sa musique orchestrale ou sa musique de chambre. En ce qui concerne le vocal, Mozart se hisse très vite vers les sommets (Mitridate et Lucio Silla sont d’absolus chefs-d’œuvres) et sa musique religieuse est également sublime.
    En fait, ce qui me semble tout aussi prépondérant dans les jugements portés sur cette première partie de sa production, c’est l’accusation de « galanterie » qui revient de façon récurrente, accusation dont est également victime Jean-Chrétien Bach, compositeur magnifique encore trop méprisé. On oppose ainsi ce versant de l’œuvre mozartienne à celle plus tardive et plus germanique, devenue gage de sérieux et de poids psychologique. Or, il s’agit aussi (et surtout) d’un infléchissement de la sensibilité musicale, fortement teintée de sensibilité romantique et XIXèmiste… Il est parfois difficile d’entendre Mozart avec les oreilles de ses contemporains…

    Et il ne faut pas oublier de rester concret : Mozart écrit *pour des destinataires précis*, qui sont plus ou moins virtuoses. Idomeneo a été écrit pour l’un des plus grands orchestres d’Europe. A Vienne, il trouvera également des interprètes plus virtuoses que les musiciens de Salzbourg… Cet aspect-là des choses a également beaucoup compté…

    Je suis navrée d’être obligée de le dire, mais Hocquart (dont les travaux furent pionniers à bien des égards) ne comprend STRICTEMENT RIEN à l’opera seria : ni ses codes, ni sa structure, ni sa logique. Ses analyses tombent complètement à plat dès qu’il commente les opere serie de Mozart. La soi-disant « forme musicale bornée » ne l’est pas plus, bornée (= inscrite dans des limites) que l’opera buffa.

    Quant à Gould, personnellement, il me semble que ses Mozart sont à fuir… Il cherche à « casser » le geste musical et y parvient fort bien, d’ailleurs…

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  2. Merci beaucoup pour vos commentaires. Sur de nombreux points j'abonde dans votre sens. Comme vous je n'écoute Gould que dans Bach! Les positions souvent excessives de Victor Hocquart me dérangent également. Je tiens également Mitridate et Lucio Silla pour des merveilles, bien que je trouve Idomenée très supérieur en pure beauté musicale, grâce à une inspiration qui ne faiblit jamais.

    La point que vous avez signalé, le décalage entre musique galante et savante, m'intéresse beaucoup. A une certaine époque tous les compositeurs sont passés par le stade de la musique galante, Joseph Haydn compris, et ce passage était nécessaire pour accéder au classicisme. La suppression de la basse continue, le caractère plus concertant, l'intérêt donné aux instruments solistes et à une expression plus individuelle sont des aspects positifs, l'aspect négatif c'est un appauvrissement de l'harmonie avec une alternance tonique dominante engendrant la monotonie. Mozart n'y échappe pas et certaines œuvres sont caricaturales comme l'Exultate jubilate K 165 et son célèbre Alleluia qui personnellement m'horripile. Je ne peux m'empêcher de penser que les œuvres de certains parmi ses contemporains sont plus avancées au plan harmonique. Quand j'entends des œuvres de Johann Schobert, je suis époustouflé ! Ne parlons pas de Carl Emmanuel Bach dont toutes les œuvres me bouleversent. Incidemment la musique d'église du jeune Mozart ne me plait guère (à l'exception des Litanies du Saint Sacrement K 243, où Mozart se surpasse) en raison de son caractère souvent mondain, je lui préfère de loin celle de Michel Haydn toujours plus recueillie, plus religieuse. Permettez-moi de suggérer de comparer les Agnus Dei des messes de Mozart avec ceux des messes de Joseph Haydn! Alors que chez Mozart le Dona nobis pacem est souvent expédié, chez les deux Haydn c'est un temps fort de spiritualité.

    A mon humble avis, la musique du jeune Mozart n'émerge pas de la foule de ses contemporains. Les deux Haydn, le Bach de Londres, les français, les innombrables italiens font au moins aussi bien que lui. A partir d'Idoménée, tout change et Mozart se détache, il compose les plus belles symphonies, les concertos pour piano les plus novateurs, les opéras les plus profonds, une musique de chambre sublime. Il échoue toutefois dans la musique religieuse et n'arrive à mener à bien qu'une seule œuvre, son Ave Verum K 618.

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    1. "Il échoue toutefois dans la musique religieuse et n'arrive à mener à bien qu'une seule œuvre, son Ave Verum K 618."

      Permettez-moi de penser le contraire en ce qui concerne la musique religieuse de Mozart ! Ne serait-ce que sa messe inachevée en Ut Mineur (KV 427) est un trésor, le Davvide Penitente qu'il en tire par la suite, et la Messe "du Couronnement" (KV. 317) méritent le détour...
      Sans doute avez-vous entendu ces messes dans des interprétations médiocres pour en avoir une telle idée ! Avez-vous écouté les enregistrements d'Harnoncourt ? Ils sont sublimes.
      De même, les oratorios sont remarquables. Avez-vous écouté La Betulia Liberata ? Cet oratorio a toujours été l'un de mes Mozart préférés ! (Rousset en a d'ailleurs donné un concert sublime en 2003. On en trouve des extraits sur YouTube, dont https://www.youtube.com/watch?v=wof9uXu6_m0 )

      Je ne saurais que vous recommander cet opuscule passionnant (malgré un certain parti-pris manifeste) : http://www.amazon.fr/Musique-religieuse-Mozart-Carl-Nys/dp/2130372619

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  3. Merci pour vos commentaires. La phrase incriminée (échec de Mozart dans sa musique religieuse) voulait mettre l'accent sur l'aspect inachevé des K 427 et K 626. Mozart échoue en 1783 car, me semble-t-il, il a entre les mains un monstre dont il sait qu'il sera inexécutable dans le temps imparti lors d'une célébration, alors il pose sa plume au milieu du Credo. En remettant au lendemain son manuscrit de messe de Requiem au profit de la Flûte enchantée qui le passionne beaucoup plus, Mozart, surpris par la maladie, arrive à laisser une oeuvre quasiment achevée mais avec une orchestration incomplète.
    L'échec ne concerne évidemment pas la musique. Dans la messe en do mineur K 427, Mozart se montre visionnaire: le Kyrie eleison, le Gratias agimus tibi, le Qui tollis peccata mundi, le Domine Deus sont époustouflants.
    Concernant le Requiem, l'Introït, le Kyrie eleison et toute la séquence Dies Irae jusqu'à Lacrymosa sont bouleversants avec un sommet qui est le sublime Recordare Pie Jesu..
    J'ai un problème avec la messe du Couronnement K 317 qui m'ennuie profondément à cause de son caractère mondain. Je ne peux m'empêcher de la comparer avec les Vêpres dominicales K 321 (jamais chantées) tellement plus inspirées et recueillies et surtout avec les messes contemporaines des deux Haydn, tellement plus riches en mélodies et en contrepoint!
    Je connais bien La Betulia liberata que j'apprécie infiniment. Le jeune Mozart se surpasse incontestablement et fait preuve de son génie dramatique.

    Ayant la faiblesse de croire connaître bien Mozart, je dois avouer que je ne suis pas aussi sensible à l'interprétation que je le devrais. Chez Mozart, les notes étant belles, les indications de nuances, parfois pléthoriques, un bon exécutant doit respecter la musique et la transmettre scrupuleusement ce que beaucoup savent faire. A l'auditeur, il appartient de faire résonner la musique en lui et d'activer sa sensibilité et son imagination. Le larghetto du quatuor avec piano en mi bémol K 493, joué par les interprètes les plus prestigieux avec plein d'intentions, me laisse indifférent, alors que ce même mouvement joué par des musiciens anonymes qui jouent les notes écrites, me donne le frisson.
    Merci beaucoup pour la référence concernant Carl de Nys, un auteur que j'ai suivi passionnément et qui a parlé avec enthousiasme de Mozart, de CPE, WF et JC Bach. C'est Carl de Nys qui avait révélé la surprenante identité existant entre le thème du Recordare Pie Jesu du Requiem avec celui de la symphonie en ré mineur pour deux flutes de WF Bach.

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